Excès de vitesse : quand la signalisation fatigue les conducteurs
Excès de vitesse : quand la signalisation fatigue les conducteurs
Une récente étude menée par Coyote met en lumière un phénomène marquant : la multiplication des changements de limitations de vitesse sur nos routes, une source majeure d'infractions involontaires.
La fatigue cognitive au cœur des infractions
En France, les données de l'ONISR pour 2024 révèlent une tendance claire : la grande majorité des excès de vitesse (près de 8 sur 10) sont des dépassements légers, inférieurs à 10 km/h. Loin de la délinquance routière délibérée, ces infractions témoignent souvent d'une "fatigue cognitive". La succession rapide de panneaux indiquant des vitesses différentes crée une surcharge d'informations que les automobilistes peinent à traiter en continu.
Ce phénomène s'est accentué depuis 2020 avec la Loi d'Orientation des Mobilités (LOM), qui a autorisé les départements à repasser certaines routes de 80 à 90 km/h. Si cette mesure est appréciée des usagers, elle a complexifié la lecture des limitations sur de nombreux trajets.
Les "axes champions" des variations de vitesse
Si, sur l'ensemble du réseau secondaire, la vitesse change en moyenne tous les 5,9 km, certains axes routiers battent des records de fréquence, multipliant les risques de verbalisation :
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RN7 (Lyon - Avignon) : La palme de l'instabilité, avec 120 changements de limitation sur 160 km (soit une modification tous les 1,3 km), le tout sous la surveillance de 10 radars.
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D943 (Calais - Lens) : 50 variations sur 80 km, soit un changement tous les 1,6 km.
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D2 (Région nantaise, Duret - Saint-Julien-de-Vouvantes) : 45 changements sur 85 km, soit une nouvelle allure à adopter tous les 1,9 km.
Cette valse constante des limitations impose une vigilance permanente aux conducteurs, dont l'attention peut s'émousser face à une signalisation jugée trop dense et exigeante.